Suivi des poissons fourrages en zone littorale au lac Saint-Jean : analyses de puissance à partir des données des échantillonnages de 1989 à 1995

Les poissons fourrages de la zone littorale du lac Saint-Jean constituent une source de nourriture importante pour les espèces exploitées telles que la ouananiche, le doré jaune, la lotte et le grand brochet, et ils peuvent avoir un impact sur la qualité de pêche sportive. Cependant, il y a peu de c...

Full description

Bibliographic Details
Main Authors: Plourde-Lavoie, Patrick, Sirois, Pascal
Format: Report
Language:French
Published: 2016
Subjects:
Online Access:https://constellation.uqac.ca/3955/1/Plourde-Lavoie_et_Sirois_2016_Methode_suivi.pdf
Description
Summary:Les poissons fourrages de la zone littorale du lac Saint-Jean constituent une source de nourriture importante pour les espèces exploitées telles que la ouananiche, le doré jaune, la lotte et le grand brochet, et ils peuvent avoir un impact sur la qualité de pêche sportive. Cependant, il y a peu de connaissances sur ces poissons au lac Saint-Jean, et il est présumé que leur abondance a diminué au fil des 30 dernières années. D’ailleurs, bien qu’il y ait un suivi des poissons d’intérêt sportif et des poissons fourrages en milieu pélagique au lac Saint-Jean, il n’y a actuellement aucun suivi des poissons fourrages en zone littorale. Un outil couramment utilisé pour le suivi de ces populations est la seine de rivage. Cependant, cette technique procure des données hautement variables et est parfois déconseillée pour le suivi des populations dû à sa faible puissance statistique. Ainsi, l’objectif du projet était d’évaluer, par le biais d’analyses de puissance, s’il est envisageable d’instaurer un suivi périodique adéquat des poissons en zone littorale à l’aide de cette méthodologie. Pour atteindre cet objectif, les données de seinage provenant des échantillonnages réalisés entre 1989 et 1995 sur le littoral du lac Saint-Jean ont été utilisées. Les espèces considérées dans les analyses de puissance sont celles qu’on retrouve abondamment ou fréquemment sur le rivage, soit le méné émeraude, le méné à tache noire, le fouille-roche zébré, l’omisco, la perchaude, la ouitouche, le naseux des rapides, l’éperlan arc-en-ciel et les catostomidés (meunier noir et meunier rouge). Les résultats indiquent que les données d’abondance mesurées avec une seine de rivage sont hautement variables. Les fluctuations interannuelles d’abondance varient généralement entre 25 et 200 %. Deux types de scénarios ont été simulés dans les analyses de puissance : le premier vise à pouvoir détecter un important changement d’abondance entre deux échantillonnages et le deuxième vise à détecter un faible changement d’abondance à long terme. Le plan d’échantillonnage suggéré échantillonne chaque station à une seule reprise durant la saison, idéalement durant le mois de juillet, et utilise les mêmes sites d’une année à l’autre. Dans le but de minimiser le nombre de stations à utiliser, les seuils de probabilité α et β ont été fixés à 0,20. Afin de pouvoir détecter une diminution d’abondance de 25% ou une hausse de 50 % par espèce entre deux échantillonnages, il faudrait utiliser plus de 1000 stations. Environ 220 stations seraient nécessaires pour détecter une baisse de 50% ou une hausse de 100 %, tandis que 115 stations devraient être utilisées pour une baisse de 75 % ou une hausse de 200 %. Pour détecter une diminution constante de l’abondance à long terme, plus de 25 années seraient nécessaires pour détecter une baisse de 2 % par année. De 15 à 20 années seraient nécessaires pour une baisse annuelle de 5 %. La variabilité des données de seinage fait en sorte qu’une réduction annuelle de 10 % serait presque impossible à détecter en moins de 10 ans, soit avant que l’abondance devienne nulle. Nous considérons que le nombre de 220 stations, qui permet de détecter des variations d’importance moyenne de l’abondance, représente un bon compromis entre efficacité et puissance statistique. Puisque le nombre de stations à échantillonner est élevé, différentes techniques de seinage qui couvrent une plus vaste superficie sont proposées afin de réduire la variabilité reliée à l’échantillonnage. Un échantillonnage exploratoire permettrait de tester ces techniques. De même, avant d’instaurer un suivi des poissons fourrages en zone littorale, il faudrait idéalement préciser leur importance en tant que proies pour les poissons sportifs au lac Saint-Jean.