Description
Summary:N° 34 Bulletin d'information électronique trimestriel Trois mois après l'échec de la tentative de coup d'État du président de l'époque, Pedro Castillo, destitué puis remplacé le 7 décembre dernier par celle qui était jusque-là sa vice-président, Dina Boluarte, aucune issue n'apparaît à la crise politique et sociale dramatique et intense que connaît le Pérou. Un même spectacle se répète, jour après jour. Une présidente qui se refuse à démissionner et demande au Congrès de convoquer des élections anticipées. Des membres du Congrès qui disent vouloir aller aux urnes mais qui rejettent tous les projets de loi fixant une date pour les élections législatives. Des manifestants qui en ont assez des inégalités, de la pauvreté, du racisme et dont près de 60 ont déjà été victimes de la répression policière. Des forces de sécurité peu formées, mal payées, aux conditions de travail épouvantables qui répriment violemment les manifestations. En un mot, le désespoir. Depuis l'éclatement de l'agitation sociale en décembre 2022, une mobilisation massive des régions vers la capitale au cours des semaines passées et trois mois de violences, deux Pérou se font face. D'un côté, celui de Lima, un Pérou plus blanc, plus riche, éduqué dans les écoles privées, qui forme l'élite économique, politique et sociale. De l'autre, le Pérou de l'intérieur, des régions andines, de la toundra et des peuples originels, le Pérou des pauvres et des marginalisés, qui descend dans la rue depuis un peu plus de huit semaines et qui ne veut pas abandonner tant que les choses ne bougeront pas. Même si personne ne sait plus très bien ce qu'il faut changer pour faire disparaître disparités sociales et régionales, racisme et corruption. Pour commencer, la démission de Dina Boluarte-perçue par l'électorat de Pedro Castillo comme une traitresse à son égard-et l'organisation d'élections générales. Mais ensuite ? La crise politique n'a pas débuté avec l'élection de Pedro Castillo, tant la fracture entre les citoyens et les politiques est profonde, certains ...